musique et Internet

10 juin 2017

RAP : Dr. Dre – The Chronic

1992, Los Angeles est l’épicentre d’un tremblement de terre de magnitude 9 sur l’échelle de Richter, un séisme tellement puissant qu’il a touché tous les Etats Unis et une bonne partie du monde. Son nom : The Chronic ; sa cause : Dr. Dre.

Un an après le split de N.W.A. et son divorce consommé avec Ruthless Records, Dr. Dre se remet en selle avec son premier album solo sur Death Row Records. Et autant dire que Dre n’a pas raté ses débuts en solo en réalisant tout simplement l’album le plus influent du Hip Hop des années 90 et l’un des meilleurs de tous les temps.

rap

En sortant The Chronic, il ne réalise pas simplement un excellent album de Hip Hop mais surtout une manière nouvelle de concevoir son art. Beats plus lents, instrus funkys tirées des classiques du P-Funk (Parliament/Funkadelic en tête), ambiances de fêtes californiennes au bord d’une piscine ou sur une plage ensoleillée, le G-Funk était né. Dr. Dre ouvre ainsi une brèche énorme dans laquelle vont très vite s’engouffrer de nombreux rappeurs (Snoop Dogg, Tupac, Luniz, …) et dont l’influence va se faire ressentir jusqu’en France (Alliance Ethnik pour ne citer qu’eux).

 

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28 décembre 2016

hard-core beatdown : NASTY

pour ceux qui aiment les riffs lourds et interminables voici une dose de HXC beatdown avec NASTY

NASTY - Declaring War Redux 2012

 

 

 

 

 

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05 octobre 2016

Rap old school : Cannibal Ox – The Cold Vein

Cannibal Ox ? The Cold Vein ? Quel curieux choix d’album, d’autant plus que celui ci n’est ni un « classique » du Hip Hop à proprement parler, ni un album connu du grand public. Sorti discrètement en 2001 sur le label Def Jux, ce premier (et surement dernier) album de Cannibal Ox a toutefois remporté un vif succès critique et su conquérir une fanbase tenace et fidèle.

Tout commence en 2000 lorsque El-P, après le split des mythiques Company Flow, fonde son propre label Definitive Jux Records et se lance dans une carrière solo de rappeur/producteur. Il repère et lance dans le grand bain deux MC’s Vast Aire et Vordul Mega formant le duo Cannibal Ox. Au printemps 2001 sort The Cold Vein premier album de Cannibal Ox et première sortie du label Def Jux.

Et quelle sortie mes amis! Car The Cold Vein n’est pas le genre de disque que l’on écoute et qu’on oublie aussi sec. Non, The Cold Vein est un album singulier, d’une qualité rare, qui surprend, déroute, sort des schémas convenus du Hip Hop mais finit par s’imposer aux oreilles de l’auditeur avisé comme une évidence.

Le travail de production énorme de El-P est, avant tout, la principale qualité de cet album. Tordues, dissonantes, hypnotiques, planantes, psychédéliques chacune des instrus de cet album réussit à emmener l’auditeur dans un univers sombre, futuriste mais paradoxalement très terre à terre qui colle parfaitement avec les thèmes abordés tout au long de cet album. El-Producto sample, déconstruit et mixe avec un brio sans égal. Ne soyez pas étonnés d’entendre des choeurs d’église soutenues par des synthétiseurs d’outre espace, des lignes de basse jazzy accompagner des guitares saturées, des sonars se perdre dans un capharnaum synthétique, des pianos hypnotiques répondre à des basses saturées, …

cold veinSi, il faut l’avouer, les prods de El-P volent la vedette aux 2 MC’s, les deux compères s’en sortent avec les honneurs. Pas forcément très techniques ou rapides, les flows des MC’s se complètent parfaitement et collent aux beats d’El-P. Les lyrics s’éloignent des schémas « Bling Bling » en vogue pour revenir aux fondements du Hip Hop et à la glorieuse période du Rap New Yorkais des 90’s. Ici pas de « biaaatchs » en bikini, pas de Porsches rutilantes ou de jacuzzis brûlants. Non, Cannibal Ox nous sert une description minutieuse des ghettos, de la drogue, des chagrins d’amour, de la violence. Entre métaphores futuristes et descriptions réalistes Vast Aire et Vordul dressent le canevas de leurs vies à Harlem entre pessimisme et optimisme.

Chef d’oeuvre parmi les chefs d’oeuvre de ce disque, Pigeon, décris en 6 minutes la vie dans les ghettos en comparant ses individus à des pigeons. Morceau concept d’apparence farfelue mais férocement juste, porté par une instru surréaliste.

La force de cet album est de transporter l’auditeur entre rêve et réalité. The Cold Vein ne se contente pas d’offrir d’excellents morceaux de rap, mais propose un univers tout entier, perdu, quelque part entre présent, avenir et passé, quelque part entre vrai Hip Hop et abstraction. Si The Cold Vein est un album bien trop singulier pour avoir un impact sur la scène Hip Hop mondiale, il n’en reste pas moins un chef d’oeuvre intemporel, hélas trop peu (re)connu.

 

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14 juillet 2016

commentaires sur Public Enemy – It Takes a Nation of Millions to Hold Us Back

La chronique n'est pas passée inaperçue : Public Enemy – It Takes a Nation of Millions to Hold Us Back

Voici quelques commentaires :

BENj : Mon plus gros électrochoc musical… J’écoutais du rap depuis 1986 (je connaissais déjà leur premier album) mais lorsque mon meilleur pote a rapporté de Londres en 1988 « It Takes a Nation of Millions to Hold Us Back », je n’ai pas compris ce qui m’arrivait. La première écoute (rapide) fut une véritable torture pour mes oreilles… Il a fallu que j’attende quelques jours avant de vraiment réécouter cet album qui devint très rapidement « my walkman best friend » et aujourd’hui l’album classé #1 dans mon Top

A voir (absolument) le documentaire « Public Enemy – London Invasion Tour 1987″

 

RocketMan : Bon tout ça ce n’est que mon avis mais….
non c’est pas le meilleur album de l’histoire c’est L’ALBUM ! Point final, tu peux pas tester la science du sample sur cet opus qui a plus de 20 ans, je dirais plutôt un chaos sonore maitrisé, les gars savaient ou ils allaient avec leur sampleur. Encore aujourd’hui rares sont les albums qui contiennent autant de samples (par track).
Un chef d’oeuvre, en 2nde position vient le Chronic de 92, là aussi beaucoup de samples alliés à de vrais instruments, Dre avaient 15, 20 ans d’avance sur ses contemporains.
En numero 3 j’hesite entre Hard to earn et Moment of truth…

 

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08 mai 2016

chronique Radiohead - In Rainbows

Qu'on se le dise, www.radiohead.com  est de retour. Un 7ème album sous le bras et une grosse polémique.

 

Mais parlons plutôt de l'album ! Ouverture électronique beat/chant, les amateurs de Kid A auront le frisson dès le départ, les autres une frayeur... On est en mode http://www.sauvonslepalaisdeladecouverte.fr .Que les deux camps sympathisent de suite puisque l'album est en fait un savant mariage d'electro-pop. « 15 Step » en est l'exemple même, ce morceau est idéal pour mettre dans l'ambiance de ce nouveau bijou... Les samples d'enfants, les nappes de synthé analogique, le chant parfait de Thom Yorke... on y est, on sort les mouchoirs mesdames et messieurs ! « Bodysnatchers » accélère le rythme avec son power pop maîtrisé tout en subtilité... un crescendo tourbillonnant et transcendant, ce morceau sera tout bonnement fabuleux sur scène, à n'en pas douter. « Nude » apporte son côté Amnesiac par sa mélancolie, le côté électro-blues du groupe est porté avec un beauté rare... encore une fois, Thom Yorke est en forme comme jamais, touchant... « All I Need », que dire sur ce morceau sans utiliser de superlatif... les choix des sons, de samples, de melodies sont tout simplement à tomber par terre, écoutez ce morceau au casque et vous voyagerez tellement loin que vous en aurez le tournis, ou les larmes au yeux. C'est pour moi la masterpiece de cet album ; bien que le morceau soit très calme, c'est le Radiohead que je vénère et qui fait qu'à chaque album je m'attends à trouver le saint Graal. Et nous ne sommes qu'au 5ème morceau.... « House Of Cards » sorte de balade rythme'n'blues démontre que le groupe a pris un virage (et oui encore), le groupe a laissé l'expérimentation pour un temps, laissant la place à des composition plus simples mais pas moins profondes, bien au contraire. « Jigsaw Falling Into Place » redonne un petit coup de fouet avant le fabuleux morceau final «Videotape ».

 

Pour résumer, cet album est une sorte de transition, vers quelque chose de moins expérimental, de plus intimiste, moins formaté dans le choix des morceaux, du Radiohead par Radiohead de A à Z dans le processus de réalisation.

 

Tracklist :
01 15 Step
02 Bodysnatchers
03 Nude
04 Weird Fishes/Arpeggi
05 All I Need
06 Faust Arp
07 Reckoner
08 House of Cards
09 Jigsaw Falling Into Place
10 Videotape

 

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28 mars 2016

Cro-Mags : légende du hard-core

A découvrir pour ceux qui ne connaissent pas, cet album de 1989 du groupe Cro-mags nommé "Best Whises", à une époque où le hard-core partait dans tous les sens de manière positive, avec une foule de styles et de groupes : ici Flanagan se disait krishna et la pochette de l'abum, he bien, je l'avais en tee-shirt à manche longue... Elle était magnifique

Autre époque, car l'album a marqué la rupture entre John Joseph, le chanteur (absent de l'album ) et Harley Flanagan, le bassiste qui en sera donc le patron.. Mais quelques années plus tard , dans les années 2000 c'est le contraire qui arrivera, et qui débouchera en 2012 au CBGB's avec Flanagan qui se bagarre violement à coups de couteaux avec les membres actuels du groupe.  Une histoire assez chaotique qui rejoint celle des autres légendes du HXC : déces soudains de Peter Steele (Carnivor + Type 0 negative), Raybeez (chanteur de War zone) etc.

voici l'album, très métal, avec un batteur de studio au son monstueux

 

 

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15 janvier 2016

DEMIANS MUTE - fin

suite de la chronique de cet album.

Et la voilà, la masterpiece de l'album avec un diptyque : d'abord « Rainbow Ruse », mélange subtile de piano et de guitare acoustique. C'est l'uppercut, inévitable, incisif, évident. Et collé à sa suite, après son introduction chamanique, « Hesitation Waltz », poursuit sans interruption avec son rythme planant, sa mélodie envoutante, ses harmonies sublimes. La pression monte, et monte encore, avant la descente aux Enfers, la gueule de bois, le brouillard. On s'enfonce toujours plus loin dans l'abîme. Il fait noir lorsque « Falling From The Sun » vient nous cueillir. Le soleil se lève lentement, une trio de cordes, piano et chant clôture l'album. On ouvre les yeux pour s'éveiller en pleine aube. Les couleurs autour de nous ressemblent à celles de la naissance du Monde.

Demians part dans une direction opposée, alors que le groupe aurait pu assurer ses arrières, comme tant le font, en réchauffant les recettes d'un premier succès. Mute est une prise de risque contrôlée, assumée et diablement réussie. Un album à ne pas manquer pour ceux qui aiment les mélodies travaillées, les triturages sonores, les caresses et les poings dans la gueule et sur les I. Le frisson de la brûlure... En tout cela, cet album est une merveille. Attendons de voir la transposition sur scène. On va être patient, même si on n'attend plus que ça, pour goûter à cette nouvelle dimension d'un groupe qui, déjà, nous a amené très très loin. Loin à l'intérieur de soi.

A l'instar du livre Demian de Herman Hesse qui donna son nom au groupe, l'aura qui entoure Demians emprunte à une fusion parfaite entre féminin et masculin. Le secret de l'équilibre sonore qu'on reçoit est une alchimie androgynique. C'est là. C'est impalpable, mais c'est là. C'est ce tour de magie improbable qui nous explose aux oreilles. En réalisant ça, on comprend vraiment la poésie de l'album. Mute est un doigt tendu vers un absolu, une recherche perpétuelle du Beau. Une balance entre sensibilité et force.

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10 novembre 2015

voeux metal ou pas ?

savez-vous bande de ptits graisseux, qu'il existe des cartes de voeux heavy metal ?

Oui, crois-le !

 

Elles sont affreuses bien dans le mauvais goût. Faut pas se géner si elles sont gratuites.

HAEVY

Sinon il existe un site d'info sur ces cartes de voeux : http//www.cartes-voeux-flash.fr

On m'en a dit du bien car il y a une tonne d'info sur tous les aspects du réveillon du nouvel an...

 

Mais rien ne vaut une carte de voeux musicale me diras-tu : là faut un peu travailler pour l'avoir

Moi je ne serais pas contre recevoir une carte Neurosis ou Entombed

 

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02 octobre 2015

chronique musique : DEMIANS MUTE

Deux ans après un très remarqué Building An Empire, Demians remet le couvert. Deux années chargées, où le groupe a navigué aux côtés de grands noms, tels que Oceansize, Jonathan Davis, Ministry, Porcupine Tree et Anathema. Demians a fait voyager sa musique à travers l'Europe. La formation a évolué, soufflé, respiré, pour un travail de décantation méticuleux.

Mute sort le 28 juin, et annonce une nouvelle ère pour Demians. Plus brut, moins fragile, dévoilant ses influences tout en affirmant son propre son, recherché et intelligent. Nicolas Chapel, nous offre donc un nouvel opus composé de 9 titres, 9 univers et autant d'explorations. Un vrai travail de dentellier, précis, brodé d'or et de perles.

MUTE

« Swing Of The Airwaves » ouvre la danse. Morceau massif et planant, l'ombre de Devin Townsend rode. « Feel Alive » suit, sans ambages. Les riffs sont percutants, alliés à une puissance et à une efficacité libératrices. Headbang assuré. Quasi anthropologie . Puis le frisson arrive tant la finesse de « Porcelain » et son son parfait poussent à  l'évasion. Jusque dans le final, qui ne manquera pas de rappeler les très grandes heures de Oceansize. « Black Over Gold » casse le rythme. On se recentre au coeur d'une ballade toute en crescendo. Les cordes ramenées au premier plan, « Overhead » est une fresque gitane très proche de « Cemetery » de Silverchair, enlevée et inspirée. On saute d'une falaise pour s'envoler et planer. La chute est sans filet, on aimerait ne jamais atterrir. Et quand on touche le sol, « Tidal » nous fait reprendre la course. Demians crache un refrain catchy, surligné d'un chant habile, savant.

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26 juillet 2015

revue The Ocean - Precambrian

A Berlin, rien de nouveau? Que nenni. Precambrian. Koi? Precambrian. C'est le nom du dernier album de The Ocean, banda prog-postrock-mathcore, à la croisée des chemins des illustres Isis et Meshuggah. Le dernier effort du groupe de Robin Staps est même une double galette. Et copieusement garnies les coquines.

OCEAN

Revenons en arrière. A l'orée des années 2000, le sieur Staps s'ennuie musicalement et voit les choses en grand. Il ne veut pas seulement créer son groupe, il veut créer un studio d'enregistrement, sorte de QG de toute sorte de projet. Les portes sont grandes ouvertes et The Ocean naît de la participation de pas moins d'une trentaine de musiciens. Une banda métal. Sur Aeolian, The Ocean instaurait un univers garni de références et orienté vers un son post-rock dans lequel il est difficile d'étiqueter tant le genre est nouveau et s'élargit perpétuellement. On retrouve en tout cas chez les berlinois le prog, le côté organique de Neurosis, Isis, GY!BE et autres habitués des morceaux de 45 minutes.

Precambrian s'instaure comme une étape nouvelle pour le groupe. Une étape nouvelle pour le genre également tant la musique est poussée vers de nouveaux horizons. The Ocean, fort d'un concept album riche musicalement et philosophiquement, repousse les limites de l'entendement sonore. 2 ans de composition. 6 mois d'enregistrement. Je sais, ça fait peu à côté de Chinese Democracy.

Hadean/Archean et Proterozoic, noms des deux cds, symbolisent deux sous-périodes géologiques de l'ère du Précambrien, ère qui commence avec la création de notre Terre jusqu'à son 4 560 millionième anniversaire. La période est vaste. Le registre sonore l'est tout autant: riffs assassins, rythmiques mathématiques, envolées classiques, pauses, cris gutturaux. Voyage au cœur du temps. Voyage au cœur du son. Mike Pilat ponce (dring, ah tiens, ça sonne, j'y vais...) un chant à servir de préférence bien frappé.

On sort de l'expérience Precambrian lessivé. Comme si on avait écouté 475 disques en même temps. Comme si le temps s'était arrêté. Le rythme cardiaque quasi ralenti. Putain que c'était bon, je viens de vivre le big bang musicalement parlant.

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