Et si nous jouions à Guitar Hero ?

Même si les bases du jeu n'ont pas changé, il serait réducteur de résumer le titre à un simple disque de morceaux supplémentaires. Car en introduisant la guitare basse dans son nouveau mode coopératif, ce second volet s'essaie à une excitante logique de groupe.

Pourquoi Guitar Hero ? Bonne question. L'explication la plus simple serait de dire que le couple Harmonix / Red Octane a su toucher ce point d'équilibre magique entre simulation et jeu. Ce n'est pas de la guitare électrique (comprendre : pas aussi difficile), mais le périphérique fourni et la manière d'interagir avec celui-ci rappellent assez l'instrument pour que l'on y croie. En même temps, le gameplay n'oublie pas d'être fun et gratifiant, quel que soit le niveau du joueur. Pour les débutants, c'est le plaisir de se sentir jouer les morceaux les plus complexes en un minimum d'effort. Pour les plus expérimentés, c'est le challenge en plus (et d'une difficulté supérieure à l'instrument réel si on en croit les créateurs) , mêlé de la satisfaction d'avoir maîtrisé l'outil lorsqu'un solo particulièrement insaisissable sort enfin des enceintes.

Tout ça, bien sûr, on le retrouve dans Guitar Hero II puisque les bases du jeu n'ont pas changé comme chez football Inazuma Eleven (DS) . La partition défile verticalement, les notes défilent du haut de l'écran ; à vous d'appuyer sur les bonnes touches au bon moment. Simple. Les hammer-ons et pull-offs, des techniques avancées permettant de jouer certaines notes sans gratter la "corde", sont eux un peu plus faciles à réaliser, même si la difficulté générale a été relevée, entre autres via l'introduction d'accords à trois touches. "A la sortie du premier Guitar Hero, je me souviens avoir lu sur les forums des trucs du style, 'j'ai acheté le jeu hier et j'ai terminé le mode expert en trois heures', racontait Marcus Henderson, guitariste chargé de l'enregistrement des morceaux, au magazine Electronic Gaming Monthly. OK, soit tu dis n'importe quoi, soit tu es exactement le type de joueur pour lequel nous développons Guitar Hero II."

Du coup, toute l'attention se reporte sur la playlist, bien étoffée depuis la version précédente puisque l'on compte désormais quarante morceaux en mode carrière, plus vingt-quatre autres à débloquer. Bien entendu, les goûts, surtout en matière de musique, se discutent peu. Difficile pourtant de ne pas sentir un certain essoufflement. Les envolées fabuleuses de Killer Queen, Spanish Castle Magic ou Texas Flood se trouvent ici remplacées par la routine de Heart-Shaped Box (Nirvana), Message in a Bottle (The Police) ou Killing in the Name (Rage Against the Machine), des chansons bien plus populaires, certes, mais également beaucoup moins intéressantes à jouer. Au final, le set se révèle moins mémorable que celui proposé par l'original même si, soyons justes, Guitar Hero II ne manque pas de purs morceaux de bravoure : on citera par exemple le Search and Destroy d'Iggy Pop and the Stooges, YYZ de Rush, Woman de Wolfmother ou bien le sautillant Jessica des Allman Brothers Band.

Les deux nouveautés les plus importantes, celles qui rendent, à elles seules, ce second volet quasiment indispensable, sont cependant les nouveaux modes de jeu. En entraînement, comme Just Dance , Guitar Hero II offre ainsi la possibilité de répéter n'importe quel segment d'un morceau à une vitesse confortable. Le mode coopératif, de son côté, redéfinit l'expérience du jeu à plus d'un niveau : partitions différentes pour chacun des joueurs (l'un à la guitare principale, l'autre à la guitare rythmique ou à la basse), nécessité de synchroniser le déclenchement du star power, bonus spécifiques à débloquer... et surtout, passage d'une logique solo à une logique de groupe, beaucoup plus sensée dans le cadre du genre rock. Du coup, le titre laisse entrevoir des futurs excitants. Si aujourd'hui, on peut jouer de la basse en plus de la guitare, pourquoi ne pas, demain, y rajouter de la batterie et du chant, sorte de fusion avec Taiko Drum Master et Karaoke Revolution (d'ailleurs lui aussi développé par Harmonix) ? C'est en cela que Guitar Hero II séduit. Plus qu'un simple add-on, le titre représente surtout une évolution logique dans la carrière de la franchise, s'éloignant du simple simulateur d'instrument tout en continuant à rendre l'expérience rock aussi accessible et authentique que possible.