A Berlin, rien de nouveau? Que nenni. Precambrian. Koi? Precambrian. C'est le nom du dernier album de The Ocean, banda prog-postrock-mathcore, à la croisée des chemins des illustres Isis et Meshuggah. Le dernier effort du groupe de Robin Staps est même une double galette. Et copieusement garnies les coquines.

OCEAN

Revenons en arrière. A l'orée des années 2000, le sieur Staps s'ennuie musicalement et voit les choses en grand. Il ne veut pas seulement créer son groupe, il veut créer un studio d'enregistrement, sorte de QG de toute sorte de projet. Les portes sont grandes ouvertes et The Ocean naît de la participation de pas moins d'une trentaine de musiciens. Une banda métal. Sur Aeolian, The Ocean instaurait un univers garni de références et orienté vers un son post-rock dans lequel il est difficile d'étiqueter tant le genre est nouveau et s'élargit perpétuellement. On retrouve en tout cas chez les berlinois le prog, le côté organique de Neurosis, Isis, GY!BE et autres habitués des morceaux de 45 minutes.

Precambrian s'instaure comme une étape nouvelle pour le groupe. Une étape nouvelle pour le genre également tant la musique est poussée vers de nouveaux horizons. The Ocean, fort d'un concept album riche musicalement et philosophiquement, repousse les limites de l'entendement sonore. 2 ans de composition. 6 mois d'enregistrement. Je sais, ça fait peu à côté de Chinese Democracy.

Hadean/Archean et Proterozoic, noms des deux cds, symbolisent deux sous-périodes géologiques de l'ère du Précambrien, ère qui commence avec la création de notre Terre jusqu'à son 4 560 millionième anniversaire. La période est vaste. Le registre sonore l'est tout autant: riffs assassins, rythmiques mathématiques, envolées classiques, pauses, cris gutturaux. Voyage au cœur du temps. Voyage au cœur du son. Mike Pilat ponce (dring, ah tiens, ça sonne, j'y vais...) un chant à servir de préférence bien frappé.

On sort de l'expérience Precambrian lessivé. Comme si on avait écouté 475 disques en même temps. Comme si le temps s'était arrêté. Le rythme cardiaque quasi ralenti. Putain que c'était bon, je viens de vivre le big bang musicalement parlant.