Un caméléon. Lorsqu'on jette un coup d'oeil aux différents looks arborés par PJ Harvey aux cours de ses (déjà !) 15 ans de carrière, voilà ce qu'on se dit : un caméléon. Bien sûr, les apparences restent des apparences mais l'écoute des six précédents albums de la demoiselle confirme cette impression tant on est baladé, des profondeurs glaciales et minimalistes de To Bring You My Love au rock post-punk de Dry et Uh Huh Her.

Pour ce septième album, intitulé White Chalk, nouveau look vieille Angleterre et nouvelle direction musicale qui colle au costume. En effet Miss Polly Jane s'est, cette fois, forcée à

construire ses compositions au piano et autres claviers vieillots (moog, mellotron, optigan), fait inédit en ce qui la concerne. Cette nouvelle base instrumentale présente l'intérêt de permettre à la chanteuse anglaise d'explorer des territoires jusque-là inexplorés par elle, et qui surtout l'amène à modifier plus ou moins sa manière de chanter (quitte à forcer un peu, comme sur To Talk To You et The Mountain) afin de mieux accompagner ce piano, qui pourtant sait se faire on ne peut plus discret, et qui de plus est majoritairement utilisé comme une percussion.

Minimaliste, mélancolique, un album très efficace qui me permet de découvrir P.J. Harvey et d'être complètement envouté par son charme et son talent.

à suivre ...