Jamais encline à surcharger ses instrumentations, PJ offre ici des compositions sobres (When Under Ether ; Before Departure) s'apparentant le plus souvent à des comptines tantôt terriblement tristes et nostalgiques (Silence ; Dear Darkness ; le très Björkesque Broken Harp), malsainement enjouées (The Devil ; The Piano), ou complètement fantomatiques et hors du temps (Grow Grow Grow ; White Chalk).

pjervey

Cette impression d'intemporalité s'accompagne d'une sensation de fugacité laissant une trace tenace dans l'inconscient, comme le souvenir d'un événement qui n'aurait jamais eu lieu, le tout renforcé par le packaging ultra simpliste du cd, sa très courte durée (32min chrono et aucune chanson au-dessus de 4min!) et bien entendu sa pochette.

Avec White Chalk PJ Harvey crée donc la surprise, elle qui nous a pourtant habitué à se renouveler (dans tous les sens du terme) au gré de ses différents albums.

Bien sûr le relatif dépouillement de ce nouvel effort n'est pas sans rappeler celui de To Bring You My Love, mais d'une façon inexplicablement très lointaine et pour un temps seulement, tant la créativité et la personnalité à part de la miss forment un séduisant mélange capable de nous transporter à une autre époque et presque sur un autre plan temporel, tout en se payant le luxe de n'être jamais anachronique.